vendredi 23 août 2013

« Et toi, tête de gel qui sanglote dans la flamme sans pouvoir redevenir le nuage... » (A. de Richaud)

"En ces heures où le paysage est une auréole de vie, et où rêver n'est que se rêver soi-même, j'ai élevé, mon amour, dans le silence de mon intranquillité, ce livre étrange où s'ouvrent, tout au bout d'une allée d'arbres, les portes d'une maison abandonnée.

J'ai cueilli pour l'écrire l'âme de toutes les fleurs et, des instants éphémères de tous les chants de tous les oiseaux, j'ai tissé un réseau d'éternité et de stagnation.

Telle la tisseuse, je me suis assis à la fenêtre de ma vie et oubliant que j'habitais là et que j'existais, j'ai tissé des linceuls pour un tiède ensevelissement, dans de chastes toiles de lin destinées aux autels de mon silence.

Et je t'offre ce livre, car je le sais beau autant qu'inutile. Il n'enseigne rien, ne fait croire à rien, ne fait rien sentir. Simple ruisseau coulant vers un abîme cendreux que le vent disperse, et qui n'est ni fertile ni nuisible."

(Fernando Pessoa, Le Livre de l'Intranquillité) 




dimanche 28 juillet 2013

"Sans doute n’ai-je, toujours à nouveau, pas pu commencer mon travail uniquement parce que les livres et les écrits n’étaient pas bien rangés sur ma table, me suis-je dit." (Thomas Bernhard)

 (Seuls et uniques boulots depuis le début des vacances) (Pour le reste : Paris...) (et Alain Laboile)















« Je n'avais jamais connu l'ennui, monstre informe et dont je constatais les ravages autour de moi. Je m'étonnais que les gens s'ennuyassent, je me demandais comment cela était possible. Et soudain, j'ai connu ce visage lisse et qu'il est inutile d'interroger car il se refuse à répondre. Je l'ai connu par suite d'une activité excessive, dont les haltes me plongeait dans l'inaction alors que cette inaction était jadis mon rythme et se meublait d'idées et d'actes. Mais la nature humaine est ainsi faite qu'elle s'intoxique à toute vitesse et que l'intoxication de l'activité (celle d'un film, par exemple) exige une désintoxication aussi lente et aussi douloureuse que celle de l'opium. »
(Jean Cocteau, Entretien autour du cinématographe)

samedi 15 juin 2013

Parle, fantôme étonné du silence et l'écho éclatera en gerbes d'étonnement. » (A. de Richaud)

"Mais qui passe, frôleur, dans la rumeur montante,
Effleurant le bord de conscience d'un cri
Toujours pareil, d'une plainte obsédante?
« A la nuit! A la nuit! Nous allons à la Nuit! »
Et, dit par une voix, répétaient les suivantes :
« A la nuit! Nous allons à la Nuit! »
Ô saisir,
Leur arracher le sens de ces ruées immenses,
Comprendre de la nuit quelle était l'attirance,
Car leur invitation grelottait de désir !"
(P. de la Tour du Pin)










samedi 8 juin 2013

"Je suis né dans la huitième couleur / Sous l'éparpillement des coups." (Jean Laugier)




 

    « Ma liberté n'est pas la vôtre,
    Je ne meurs pas pour votre cause.
    Cependant, je meurs aussi bien :
    -On meurt pour rien, pour une rose
    Lancée d'un balcon, pour un chien...
    Ma liberté n'est pas la vôtre :
    A mon coeur s'accorde mon pas,
    Vos prisons ne m'enferment pas,
    Les miennes vous les jetez bas
    D'un coup, d'un haussement d'épaule.
    En toutes saisons j'ai les clefs
    Du vent, de l'amour et du rêve.
    Le monde où mon regard se lève
    est à mon gré vide ou peuplé ;
    Il a la forme de mes lèvres. (…)
    Je chante qui ne chante pas,
    Je chante qui n'a pas de poids,
    Une musique sans tristesse,
    Une âme ignorante du froid,
    La haute vertu des caresses. (…)
    J'implore de la nuit, du songe,
    De tout hasard, de tout mensonge,
    Que des frères me soient donnés,
    Autant que moi-même étonnés
    D'être unis par ce qui les ronge. (…)
    (J. Rousselot)

mercredi 22 mai 2013

"Je ne puis vouloir être rien/Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde." (Fernando Pessoa)

À l'heure où la route au milieu du désert
Laisse apparaître enfin le paradis sur terre
À l'heure où la tête sortie du brouillard
Se demande encore quel était ce rêve bizarre
 
(Un jour ou l'autre-Romain Sassigneux/Debout Sur Le Zinc)







vendredi 10 mai 2013

"Une monstrueuse aberration fait croire aux hommes que le langage est né pour faciliter leurs relations mutuelles." (Michel Leiris)



Balle (C'est de la) :
Exprime l'enthousiasme, quelque chose de bien, de beau, de positif.
=> "Cette meuf, c'est de la balle!" (Je ne suis pas insensible aux charmes de cette demoiselle)

Bouffon :
Qui ne s'apparente pas au clan.
=> "Nique lui sa race à ce bouffon !" (Rabats lui son caquet à cet individu qui ne s'apparente pas à notre milieu !)

Carotte :
Du verbe carotter (extorquer, voler), mais dans une forme invariable.
=> "Il m'a carotte un zedou de teuchi, l' bâtard, tu vas voir comment je vais le niquer grave!" (Le scélérat m'a dérobé douze grammes de cannabis, il va s'en mordre les doigts)

Chelou :
Bizarre, inhabituel. Par extension, qui ne s'apparente pas au clan.
=> "La prof d'anglais elle a des veuch tout chelous..." (Ce n'est pas tous les jours que l'on voit une coupe de cheveux aussi inhabituelle et cocasse que celle de la professeur d'anglais, qui par extension ne s'apparente pas à notre milieu)

Comment :
Exprime l'intensité.
=> "Comment je lui ai niqué sa race à ce bouffon!" (Je sors indéniablement vainqueur du combat qui m'a opposé à cet individu qui ne s'apparente pas à notre style de vie, ceci dit en toute modestie, s'entend, et avec la sportivité qui s'impose en de pareilles circonstances)

Foncedé :
Se dit d'une personne qui vient de consommer du cannabis.
=> "Je suis foncedé." (Mon regard est vitreux, je perds mes mots, un mince filet de bave s'écoule sur mon menton et je rigole comme un décérébré, sans aucune raison. J'ai payé assez cher pour me mettre dans cet état. Bref: je viens de consommer du cannabis)

Gun :
Arme à feu.
=> "Ziva prête moi ton gun, l'aut' batârd y m'a manqué de respect!" (Pourrais-tu s'il te plaît me prêter ton arme à feu, afin que je règle son compte à l'importun qui n'a été qu'à moitié urbain à mon égard ?)

Kiff (er) :
Apprécier.
=> "Comment je kiffe trop son cul!" (Le sien postérieur n'est pas sans éveiller chez moi des pulsions bien naturelles, qui me mettent dans une humeur joviale, pour ne pas oser dire gauloise)

Mortel :
Bien, beau, dont on peut se réjouir (invariable).
=> "Elles sont trop mortelles tes Nike!" (Vos chausses s'entendraient fort bien avec mes pieds, aussi vous demanderai-je de m'en faire l'offrande sans opposer de résistance)

Mito:
Mensonge. Dérivé de mythomane (menteur).
=> "On me fait pas des mitos à moi, bouffon!" (Je ne suis pas le genre de crédule à qui vous ferez gober vos sornettes, individu qui n'appartient pas à notre milieu !)

Race (sa) :
Exprime le mécontentement.
=> "Sa race!" (Je suis d'humeur maussade)
=> "Sa race, c' bouffon!" (Mon anneau pylorique est complètement fermé. C'est le résultat de la proximité de cet individu)

Sérieux :
Indique que le propos est grave, solennel, et qu'il faut donc lui accorder le plus grand crédit.
=> "Sérieux, j' kiffe trop son cul à votre fille!" (Monsieur, j'ai l'honneur de vous demander la main de votre fille)

Tèj :
Jeter, refuser, réfuter, envoyer, promener.
=> "T'aurais vu comment Jamel il a tèj la prof d'anglais!" (Le facétieux Jamel ne s'est pas laissé démonter face aux réprimandes de la professeur d'anglais !)

Trop :
Exprime l'intensité. En cela, synonyme de comment. Trop et comment peuvent éventuellement cohabiter dans la même phrase, pour exprimer une intensité très élevée.
=> "Trop la honte, ce blouson!" (Ce blouson est ridicule, et dans des proportions considérables)
=> "Trop comment je suis foncedé!" (J'ai fumé une quantité déraisonnable de cannabis. Je crains que mon acuité intellectuelle en pâtisse pour la paire d'heures à venir)

Truc-de-ouf :
Désigne une chose peu commune, qui dépasse l'entendement.
=> "C'est un truc de ouf!" (Mon dieu, mon entendement est tout dépassé !)

Zyva :

Indique que la demande est pressante.
=> "Zyva, fait méfu, sale chacal!" (Ne sois donc pas si avare de ta cigarette purgative, et fais en profiter ton vieil ami qui trépigne d'impatience)

mardi 7 mai 2013

En 1912 un célèbre navire percute un iceberg et disparait à jamais. Quel est le nom de l'iceberg?







  • « Tout est nuit, tout est mort, tout est seul mais qu'importe,
    Si l'on eut un instant, sous le soleil d'été,
    L'illusion de l'amour et de la plénitude.
    Viens-donc, nuit incomprise et trompeuse, et dis-nous
    Que les baisers fiévreux, que les creuses études
    Sont plus sages ici que, dites à genoux,
    La prière du lâche et celle du débile.

    […]

    Éteignez tous les feux et dispersez la cendre,
    Le jour est bon à vivre et l'heure est bonne à prendre. »

    (R. Desnos)