vendredi 16 mai 2014

« La photographie, ce n’est rien de plus que de montrer du doigt. » (John Szarkowski)










« Ce n'est pas à toi d'expliquer les mécanismes ; c'est aux autres de les deviner et de les démonter eux-mêmes. Tu perds ta force et ton temps à faire le travail des imbéciles. […] Tu t'exténues en t'imposant, par goût de la cérébralité, des exigences qui ne tarderont pas à devenir surhumaines. Que veux-tu que cela me fasse, à moi, que tout « fond apparent représente ce que la forme n'a pas pu exprimer » ? Suis-je plus avancé maintenant que tu me l'as fait savoir ? Non, je sais une pensée de plus.
Je ne connais pas un homme de plus. […] 

 Je suis né pour aimer, pour passer dans la vie comme un étranger et pour être indifférent à ce que l'on me raconte. Rien de toi ne me laisse insensible, mais comme ton cher Gide, comme toi et comme moi-même, je ne t'estime que dans ce que tu pourrais faire. Et j'ai tort de te redire ces choses, de même que tu as tort d'expliquer d'autres choses à d'autres êtres. Tout ce que tu peux me faire comprendre, je l'ai déjà entendu dans un concert. […] Sers-toi de l'absurde comme d'un bloc de marbre. Crée des images. Elles contiennent toutes les pensées, tous les axiomes possibles, tous les aphorismes. […] 

[J'aime mieux Gide] quand il s'agenouille au hasard et ne cherche plus Dieu, se disant que Dieu est partout. Rimbaud nous bouleverse plus qu'André Breton. Pourquoi ?
Parce qu'il chante et n'apprend rien à personne. […] 

Nous raisonnons trop. Et moi je raisonne quand je te reproche de raisonner. Nous sommes des enfants pour qui le monde entier est une école.
Mais nous sommes encore trop studieux. » 


mercredi 7 mai 2014

« Commencer le lundi matin avec un méga costaud mal de crâne c’est un peu comme commencer le tour de France sans selle avec des pneus carrés. » (JeSaisPuQui)




Jury... Exams... Dossiers... Fin d'année...ouais, tout pareil en fait : 

« - Ça s'est pas mal passé...
- Sauf qu'il a fallu que je mette une tarte.
- Ah oui, quand même... Une tarte à qui ?
- Noooon mais à qui, c'est pas important à qui...
- C'est toi qui t'en aies mangé une ?
- Non, mais c'est normal, j'ai essayé de noyer Bidule là...
- Qui c'est Bidule ?
- C'est moi Bidule ! Il ma collé la tête dans le bassin !
- Ouais, j’étais rond aussi.
- Mais moi aussi j'étais rond comme une boule: ça m'a pas empêché de vous mettre une torgnole!
- En fait, j'en ai pris deux... mais j'ai cherché la merde. » 

(Kaamelott – Livre VI)

mardi 29 avril 2014

« Où en est l’histoire ? » – « Il ne doit plus en rester grand-chose de l’histoire à présent. » (Maurice Blanchot - l’Attente – l’Oubli)






« Paris a un enfant et la forêt a un oiseau ; l'oiseau s'appelle le moineau ;
l'enfant s'appelle le gamin.

Accouplez ces deux idées qui contiennent, l'une toute la fournaise, l'autre toute l'aurore, choquez ces étincelles, Paris, l'enfance ; il en jaillit un petit être. Homuncio, dirait Plaute.

Ce petit être est joyeux. Il ne mange pas tous les jours et il va au spectacle, si bon lui semble, tous les soirs. Il n'a pas de chemise sur le corps, pas de souliers aux pieds, pas de toit sur la tête ; il est comme les mouches du ciel qui n'ont rien de tout cela. Il a de sept à treize ans, vit par bandes, bat le pavé, loge en plein air, porte un vieux pantalon de son père qui lui descend plus bas que les talons, un vieux chapeau de quelque autre père qui lui descend plus bas que les oreilles, une seule bretelle en lisière jaune, court, guette, quête, perd le temps, culotte des pipes, jure comme un damné, hante les cabarets, connaît des voleurs, tutoie des filles, parle argot, chante des chansons obscènes,
et n'a rien de mauvais dans le cœur. C'est qu'il a dans l'âme une perle,
l'innocence, et les perles ne se dissolvent pas dans la boue.
Tant que l'homme est enfant, Dieu veut qu'il soit innocent.

Si l'on demandait à la grande et énorme ville : Qu'est-ce que c'est que cela ?
elle répondrait : C'est mon petit. »

(Victor Hugo, Les Misérables - Tome III. Marius, Livre Premier : Paris étudié dans son atome – Chapitre 1. Parvulus)

vendredi 25 avril 2014

« La poule n'est que le système qui permet à un œuf de produire un autre œuf. » (Samuel Butler)




« ... pour ma part, je considère que les mots sont surtout utiles quand ils dégagent des perspectives attrayantes et nouvelles. Mais l'usage des mots est tellement mal compris par nos civilisations, qui croient encore aveuglément à un univers mécanique uniquement régi par des relations de cause à effet, idéalement réductibles à une grande Cause première et à un Effet génésique absolu. » 

(Frank Herbert, "L'Empereur-Dieu de Dune")

samedi 19 avril 2014

"J'ai cherché dans l'absence un remède à mes maux(...). J'ai trouvé le silence et jamais le repos." (Jean-Claude Pirotte, "Brouillard")







« Mais avant d’arriver au vers final, il avait déjà compris qu’il ne sortirait jamais de cette chambre, car il était dit que la cité des miroirs (ou des mirages) serait rasée par le vent et bannie de la mémoire des hommes à l’instant où Aureliano Babilonia achèverait de déchiffrer les parchemins, et que tout ce qui y était écrit demeurait depuis toujours et resterait à jamais irrépétible, car aux lignées condamnées à cent ans de solitude,
il n’était pas donné sur terre de seconde chance. » 

(G.Garcia Marquez, Cent ans de Solitude)

lundi 14 avril 2014

''C'est en chacun de vous qu'il faudra tuer le dragon..." (Evgueni Scwartz)






«  - Du flan, que du flan. Ils sont terribles, mes hommes. Des plus terribles, on n'en trouve pas. C'est mon œuvre. C'est moi qui les ai taillés.

- Quand même, ce sont des hommes.

- De l'extérieur, seulement.[...] Si tu voyais leur âme, ah ! Tu aurais des frissons. [...] Tu t'enfuirais même en courant. Tu ne serais pas prêt à mourir pour des estropiés. C'est moi personnellement, mon ami, qui les ai estropiés. Et je les ai estropiés autant que c'était nécessaire. Les âmes des hommes, mon ami, tiennent beaucoup à la vie. Tranchez un corps en deux, l'homme crèvera. Mais déchirez-lui son âme, il deviendra docile, un point c'est tout. Non, non, des âmes comme ça on en trouve nulle part. Que dans ma ville. Des âmes manchotes, des âmes cul-de-jatte, des âmes sourdes et muettes, des âmes à la niche, des âmes au gibier, des âmes damnées. Tu sais pourquoi le bourgmestre fait semblant d'être un malade mental ? Pour cacher qu'il n'a strictement aucune âme. Des âmes percées, des âmes vénales, des âmes de faux jetons, des âmes mortes. 
Ah ! Oui, c'est dommage qu'elles soient invisibles.

- C'est une chance pour vous.

- Comment ça ?

- Les gens auraient peur en voyant, de leurs propres yeux, à quoi leurs âmes ont été réduites. Ils iraient droit à la mort, au lieu de rester un peuple soumis.
Qui vous nourrirait alors?

- Le diable seul le sait, peut-être que vous avez raison. […] »

(Evgueni Schwartz – Le Dragon)

vendredi 11 avril 2014

« Je pense souvent à cette expression “prendre l’air”. Cela veut dire que l’on va ailleurs, pour le trouver. Cela veut dire littéralement : où je suis, je m’asphyxie. » (David Foenkinos - Nos séparations)










  The Circle - Blackmore's Night

" I've been here for a million years
Through the joy, through the tears
But when I am gone this will go on
And the circle starts again...

I've watched the mountains rise from dust
Saw the gold return to rust
I had cried when the oceans died
And the circle starts again...

I was here when the world began to turn
Kissed the sun as it started to burn
The whispering at the reckoning said
"The circle starts again"

The moon was rising from above
I caught her eye and thought it was love
But she turned her back, the sky went black
And the circle starts again...

I danced through castles made of stone
Walked the desert sands alone
In the midnight hour you feel the power
And the circle starts again...

Now the question falls to you, my friend
No begining has no end
Will we ever learn, will the world still turn,
Will the circle start again?"