jeudi 19 avril 2018

Comment la fin justifierait-elle les moyens? Il n'y a pas de fin, seulement des moyens à perpétuité. (René Char - L'Âge cassant)


 
Le Marketing, c'est quoi?

Vu par les femmes :

Tu es dans une soirée, tu vois un mec qui te plaît, tu t'approches et tu lui dis :
"Je suis super bonne au plumard".
Ça, c'est du Marketing Direct.

Tu es dans une soirée, tu es avec un groupe d'amis, tu vois un mec qui te plaît, 
un de tes amis s'approche et il lui dit :
"Tu vois cette nana, elle est super bonne au plumard".
Ça, c'est de la Publicité.

Tu es dans une soirée, tu vois un mec qui te plaît, tu t'approches, lui demandes son numéro de téléphone. Le lendemain tu l'appelles et tu lui dis :
"Je suis super bonne au plumard".
Ça, c'est du Télémarketing.

Tu es dans une soirée, tu vois un mec que tu connais, tu t'approches, 
tu lui rafraîchis la mémoire et tu lui dis :
"Tu te souviens comment je suis super bonne au plumard..?"
Ça c'est du Customer Relashionship Management (ou Gestion de Relation Client).

Tu es dans une soirée, tu vois un mec qui te plaît, tu te lèves, tu t'arranges un peu les fringues, tu t'approches, tu lui sers un verre. Tu lui dis qu'il sent bon, qu'il est bien sapé, tu lui offres une clope et tu lui dis : "Je suis super bonne au plumard".
Ça c'est de la Relation Publique.

Tu es dans une soirée, tu vois un mec qui te plaît, tu t'approches et tu lui dis :
"Je suis super bonne au plumard" (et en plus, tu lui montres tes seins.)
Ça, c'est du Merchandising.

Tu es dans une soirée, un mec s'approche et te dit :
"J'ai entendu dire que t'es super bonne au plumard".
Ça c'est du Branding (le Pouvoir de la Marque).

Vu par les hommes:

Tu es dans une soirée, tu vois une nana qui te plaît, tu t'approches et tu lui dis :
"Je suis une bête sexuelle, je suis super bon au plumard et en plus je tiens toute la nuit".
Ça c'est de la Publicité Mensongère (et c'est puni par la loi).

Tu es dans une soirée, tu vois une nana qui te plaît, tu la mates avec des potes,
tu fais des réflexions très fines, tu te bourres la gueule,
tu ne fais rien du tout et tu rentres bredouille.
 Ça c'est la Réalité du Marché.



dimanche 15 avril 2018

The sun is also a warrior. Knowledge can also destroy. Nor can the kindest will, Preserve you from the kill. Not all of wisdom brings joy. (Leslie Fish)


Il faut laisser le bas aller jusqu'au bas, laisser la décomposition organique du monde se poursuivre. C'est vers la fin déjà, ça va vers sa fin, il ne faut rien toucher à l'agonie en cours, ne surtout pas réparer ce qui se détraque – autant mettre du fond de teint sur les joues cireuses d'une morte. Laisser proliférer les images aveugles : quelque chose
vient par en-dessous, quelque chose vient à notre rencontre. 

Il y a dans la douleur une pureté infatigable, la même que dans la joie, et cette pureté
est en route dessous les tonnes d'imaginaire congelé.
 […]

Je distrais, dit la télévision, et elle ne fait plus rire depuis longtemps.

On ne peut pas faire de la culture pour tout le monde, dit la télévision, et on n'ose pas lui répondre que ce n'est pas un problème de culture mais d'intelligence, ce qui n'est pas du tout du même ordre. L'intelligence n'est pas affaire de diplômes. Elle peut aller avec mais ce n'est pas son élément premier. L'intelligence est la force, solitaire, d'extraire du chaos de sa propre vie la poignée de lumière suffisante pour éclairer un peu plus loin 
que soi – vers l'autre là-bas, comme nous égaré dans le noir.

Je donne dans le sentiment, dit la télévision, et on n'a pas le courage de lui montrer l'abîme qu'il y a entre le sentiment et la sensiblerie. 

C'est pas moi, dit la télévision à bout de course, c'est le peuple, je fais ce que veut le peuple – et il n'y a plus qu'à se taire devant l'analphabétisme grave de la télévision 
et de ceux qui la font. Le mot de peuple est un des plus beaux de la langue française. Il dit le manque et l'entêtement, la noblesse des gueux sous l'incurie des nobles. Il dit le contraire exact de ce que dit la télévision.

dimanche 1 avril 2018

"Je voudrais vous parler de tout cela. […] J’attendrai un mot de vous qui m’indiquera un jour et une heure. Faites que ce soit bientôt..." (Lettre de Marie Dorval à Victor Hugo)



Si je lis un livre et qu’il rend mon corps entier si froid qu’aucun feu ne pourra jamais 
me réchauffer, je sais que c’est de la poésie. 
Si je ressens physiquement comme si le sommet de la tête m'était arraché, 
je sais que c’est de la poésie. 
Ce sont mes seules manières de la reconnaître. 
En existe-t-il d’autres ?

(E. Dickinson, Y aura-t-il pour de vrai un matin?)


dimanche 25 mars 2018

''De la Nourriture-en-Boîte-pour-Dragons''?! Foutus praticiens avec leur jargon... 'peuvent pas dire ''des Chevaliers'' comme tout le monde? (Déchiffrer la trame – J-C Dunyach)

 
Sagesse, qui créa toute chose, m'enseigna
Car il existe en Elle une puissance qui est intelligente et sacrée
Unique, diverse et sublime,
Mobile, claire et indéfinie,
Distincte, compassionnée, bienveillante et pertinente
Libre, bénéfique et généreuse,
Ferme, assurée, autonome
Influant tout et observant tout
Et pénétrant tous les êtres
Qui sont intelligents, purs et aussi subtiles qu'Elle,
Car Sagesse est plus mobile que tout mouvement
Et Elle imprègne et pénètre toute chose
Car Elle est l'exhalation incarnée de la puissance divine.

(L'Hymne à Sophia - La Sagesse de Salomon)


dimanche 18 mars 2018

Méfiez vous des gymnastes ils ne connaissent que les postures ! (Prince Liu Han - traité N°7 du Houai Nan Tseu, Wainanzi)

 
Et Kerry, s’il te plaît, pour l’amour du Ciel, aies le sens de l’humour. C’est une des bénédictions et des vertus que tu n’apprendras jamais au catéchisme. Mais c’est un don de Dieu aussi merveilleux que la foi, l’espoir et la bonté… […]

Lorsque j’allais à l’école à Pittsburgh quand j’étais petit garçon, j’avais toujours peur de faire quoi que ce soit de ''différent''. Il fallait toujours que je fasse comme les autres garçons. Même si parfois je n’en avais pas vraiment envie. Si un garçon en embêtait un autre, et que les autres le suivaient, il semblait normal de le faire puisque tout le monde le faisait. Essaie d’avoir assez de courage, Kerry, pour ne pas faire quelque chose 
juste parce que tout le monde le fait.

Je me souviens quand ma mère m’a envoyé prendre des cours de danse. J’étais pour ainsi dire dans une bande, et ils pensaient tous que danser, c’était pour les chochottes, et que les vrais mecs ne faisaient pas ce genre de choses. Je me battais souvent
en allant à la danse et puis quand je retournais à la maison, distribuant et recevant
des yeux au beurre noir dans ces nombreuses bagarres qui m’opposaient aux
enfants qui m’embêtaient.[...]

Bien sûr, Kerry, qu’en étant une petite fille, tu n’auras pas exactement les mêmes problèmes que ceux que j’ai eus quand j’étais petit garçon. Mais tu en auras qui y ressembleront. Et quand tu devras leur faire face, essaie d’avoir le courage de prendre tes propres décisions, même si pour ça tu dois être différente.

Car tu vois bien comme de telles choses peuvent te réussir. Je suis au théâtre aujourd’hui. Je suis un danseur. Alors, Kerry, si une chose te tient vraiment à cœur, n’aies pas peur de la faire, quel que soit le nombre de personnes qui se moquent de toi. Dis toi que si tu tiens tant à faire une chose, c’est qu’elle doit être faite. C’est la même chose pour l’école, Kerry. Essaie de trouver ce que tu as le plus envie de faire. Personnellement, j’espère que tu iras à l’université. Mais si tu décides du contraire, ce n’est pas grave. Parce que ce que tu tireras de tes études sera proportionnel à ton investissement. J’ai perdu beaucoup d’années quand j’étais à la fac — mais ce n’était la faute de personne à part moi. Plus les efforts sont importants, plus on acquiert de l’expérience. Personne n’apprend quelque chose quand on lui lance à la figure, même si
quelques connaissances restent.

(Lettre de Gene Kelly à sa fille Kerry, mars 1943)

jeudi 15 mars 2018

Quand un fonctionnaire a trouvé un bon cercle vicieux, un "de-deux-choses-l'une" doublement sans issue, quittez-le sur la pointe des pieds : laissez-le à sa joie... (Chiens perdus sans collier - Gilbert Cesbron)


 
Ô esprit ! Pourquoi t'abandonner aux pensées vaines ?
Ce faste rituel et ce culte sont vains,
Qui accroissent encore la vanité de l'esprit !
Que ta prière à Elle soit secrète, que nul n'en sache rien.
À quoi bon ces poupées de métal ou de cuivre ou de terre ?
Ne sais-tu pas, insensé, que l'univers entier est l'image de la Mère ?
Tu apportes une poignée de graines, effronté,
comme une offrande à la Mère, à Celle
qui nourrit le monde d'aliments délicieux !
À quoi bon, fou, illuminer ainsi de lanternes, de bougies et de lampes ?
Fais plutôt que grandisse la lumière de l'esprit,
qu'il dissipe sa propre ténèbre, nuit et jour.
Tu as amené d'innocentes chevrettes au sacrifice.
Égoïsme cruel !... Pourquoi ne pas dire : VICTOIRE A KALI !
Et sacrifier tes passions, ennemies véritables.
Pourquoi frapper les tambourins ?
Dépose plutôt ton esprit à Ses pieds en disant :
''Que ta volonté, ô Kali, soit faite !''
Et puis bat des mains.

(Ramprasad Sen, A la Mère Divine <Maa Kali>)

(Rêverie du soir, Alphonse Mucha)

mercredi 14 mars 2018

Je ne partage pas mes pensées pour changer celles des autres. Je partage mes pensées pour que ceux qui pensent déjà comme moi sachent qu'ils ne sont pas seuls. (Anonyme)

 
Meet me on the battlefield
Even on the darkest night
I will be your sword and shield,
Your camouflage and you will be mine

Echoes of the shots ring out
We may be the first to fall
Everything could stay the same
Or we could change it all

Meet me on the battlefield


(Repos de la Nuit - Alphonse Mucha, 1899)